Le mouvement en moi...

Retrouve ici tout l'univers de ce jeune poète sensible et charmant !

FULGURANCES LITTÉRAIRES

Elie Schiele (insta : eschi_ele)

8/8/20263 min read

Roses

Sur le backlot, lumières et applaudissements

La réussite d'une homme, cent trophées d'or

Enrichissement personnels, plausiblement.

Des projecteurs, projections lointaine d'un rêve.

Mesdames et messieurs, le bouffon sort

Un corps sublime, couvert de poudres, de couleurs

Son embrasement, son air désabusé

Répétés par la plus profonde de ses peurs.

Un bouquet s'envole jusqu'à ses mains.

En un instant, il le serre de toutes ses forces.

Les roses se rassemblent toutes en un visage.

Leurs pétales rouges m'éclatent au visage.

Croquis

Au fond d'une salle muette

Les enfants chantent d'une voix fluette

Auprès du rideau, cette rue bourdonne

De chants, passants, amants, personne.

Plus personne ne sonne à ma porte,

La sonnette est muette

Au fond d'une salle muette

Une toile me chante ses saveurs

La rue s'efface, je reste en cachette,

Le choeur accorde tes odeurs.

Au fond d'une salle muette

La lumière perce le rideau

une toile me met en goguette

tant que sur mes joues coule l'eau.

Au fond d'une salle muette :

"Jamais tu n'as été aussi belle à croquer..."

Ouroboros

As I remember you flicker

My heart feels a slight pang

My eyes are pulsating with bang

Future in the eye of wonder.

Red-clotted tears run from my chest,

Lengering like crest

I rest with my head on your knee

Your face is filling me with glee.

A pause-your golden warmth withdraws,

And my smirk freezes as I lie,

A blinding steel light rests upon,

And I stop-believing the lie.

Stanislas d'Ithaque

Oh étoiles lointaines de la place beige,

Avez-vous reçu peut-être cette supplique ?

Dans les feuilles mortes, vertes ou bien dans la neige,

Les soupirs, exaltation des constellations.

Là, des sentinelles dorées, préaux qui chaque

Fois que je chavire sur cette mer de plaques

Beiges, triangle des Bermudes, accueillent

Les épaves fumantes des vaisseaux brillants.

Autrefois, vous étiez des phares chatoyants,

Vous étiez la Pénélope de notre Ithaque

Mais Sparte a gagné la guerre où nous larmoyants,

Vaincus, abattus, voyons les cendres de chaque

Cigarette fumée qui a brulé la feuille

De nos histoires qui ont sombres sur l'écueil.

Rossignol

Il n'y a que ces deux dernières années

Qui m'ont fait livrer un coeur en émoi

Devant quelqu'un, que j'ai laissé damner,

Quelque rossignol s'immisçant en moi,

Un oiseau de pacotille, un intrus

dont j'ai laissé me picorer entier

Le coeur, que je croyais bien obstrué.

Ton grand sourire carnassier me terrifiait

Tant que je savais que m'en approcher

Signifierait la fin d'un rêve éveillé.

J'espérais réussir à me cacher

De toi, tes ailes et de ton plumage, ta robe

qui m'aveugle, m'ensorcelle, m'enrobe

De tes chants qui, si purs, si merveilleux,

Me feraient me crever les yeux,

Faute de ne pas savoir te serrer contre moi.

Petit rossignol, aujourd'hui tu chantes

A quelques minutes de moi,

Mais je n'entends que ces voix qui me hantent

Car je serai toujours à des années de toi.

Ciel

Mes deux pieds sont dans une rivière de verre,

L'eau circulant se teint de rose, d'ambre et d'or.

De nouveau le soleil se lève de la terre

De nouveau l'eau circulant me renvoie l'or.

la rivière se rétrécit à chaque matin,

Chaque matin son éclat me couvre les yeux,

La tache persiste un peu plus jusqu'au matin.

Jamais je n'ai vu ou connu le temps pluvieux.

J'aime l'odeur de la pluie pour voir les grenouilles

J'aime l'odeur de la pluie, mon visage qui mouille

J'aime l'odeur de la pluie, pour les humeurs du ciel

Jamais je ne saurai aimer ton arc-en-ciel

Mer

Matin chaud, j'ai marché en fixant l'horizon

Fixant le bleu, le bleu me fixant en retour

Ses vagues ruisselant sur son visage mignon.

Jamais je n'ai senti un aussi doux soleil.

Sous les coups d'écume sur ma poitrine noircie

Je pris mon envol direction la grande bleue ;

Courant cachant un rouge petit qui ici

Sous le vent marin s'alluma en un grand feu.

Nuit chaude, j'observe le néant, le néant

reposant en mon sein, bordé par mes espoirs

Ses vagues noires dorment, les cendres du soir

Du bûcher de notre bain de minuit ardent.

Matin blême, les cendres portées par le vent

Marin, se dispersent tout juste en un instant.

Nuit froide, je marche, l'horizon me fixant,

En retour j'observe le néant, le néant

Aux vagues noires s'emporte dans le soir,

Jamais les abysses ne m'ont parues aussi

Familières, tant elles sont proches comme vides.

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