Par Link
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FULGURANCES LITTÉRAIRES
Link (insta : k_h_a.lil_)
6/11/20262 min read
Oubli "Chaque élément retourne où tout doit redescendre. L'air reprend la fumée, et la terre la cendre. L'oubli reprend le nom." Elle n'arrêtait pas de répéter ça, comme un mantra m'expliquant sobrement qu'elle finirait par quitter ce monde un jour laissant derrière elle une histoire au contenu si occulte qu'aucun être ne s'en souviendra. Je savais déjà pertinemment que moi je ne l'oublierai pas, mais bon, je l'a laissait faire son monologue à chaque fois. Elle était la seule chose me rapprochant de la littérature, je ne lisais pas mais j'écrivais pour elle, j'écrivais à propos d'elle. Elle adorait me bourrer de références, toutes tirées de célèbres ouvrages que je ne lirai jamais encore une fois, avec des iris aussi pétillants que l'étoile de Bethléem. Parfois elle se plongeait tellement dans l'explication de ses récits, que je ne suivais plus et lorsqu'elle le remarquait, c'était l'heure d'une interrogation impromptue. Pour chaque erreurs c'était deux barres de Kinder Buenos pour elle, autant vous dire que j'avais une partie de mon budget du mois exprès pour ça. Comment voulait t'elle que je l'oublie alors que parfois je faisais exprès de me tromper juste pour voir ce sourire de victoire se dresser sur son visage?
Je connaissais un pianiste, laissez moi l'immortaliser car pour moi c'était un véritable virtuose.
Il aura bien passé la moitié de sa vie à perfectionner son art, à dialoguer avec le monde à travers les notes si bien que les touches étaient devenues son langage principal, il n'y avait pas une sonorité qui ne l'avais pas rencontré. Il rêvait d'être le nouveau Mozart, il brandissait ce rêve fièrement.
Il avait mêler talent et sueur, pour confectionner ce que les autres appellaient un don.
Mais le Ciel lui, se fiche d'un rêve, il s'effondre sans préavis.
L'homme se leva du jour au lendemain, affreusement sourd, les mains tremblantes.
Le glas donnant l'écho de la fin avait frappé, c’est comme si son aptitude même à s’exprimer se brisait de l’intérieur.
Un défaut dans l'instrument, ça on si attends, une fêlure dans le mélomane ça c'était nouveau. La jeune âme criait de douleur à chaque essais, les auditeurs aussi pouvaient le percevoir,
"Il lui arrive quoi?"
"Il est cassé c'est pas possible.."
Une part de lui s'est envolée.
Si l'art était son berceau, il en fut chassé comme un malpropre, comme si tout ce temps il n'avait été qu'un simple locataire.
Ce qu'il se passe après les cris, c'est le silence, un silence intérieur abyssal, un long pèlerinage.
On a l'habitude de faire le deuil des autres mais jamais de soi.
Ses cordes vocales marchaient encore très bien, mais une grande partie de lui restera à jamais muette.
Le monde continue de tourner, les autres continuent de jouer, mais lui ne sera plus entendu.